La teigne est une
mycose contagieuse qui représente une des dominantes pathologiques au sein de
collectivités félines avec d’autres affections comme le coryza, la PIF…
Cette maladie est due à la présence et à la multiplication de champignons
filamenteux microscopiques du groupe des Dermatophytes à la surface du poil.
Plusieurs espèces sont susceptibles de provoquer une teigne, mais dans plus de 9
cas sur 10, elle est due à Microsporum canis.
Modes de contamination
La teigne est si fréquente que la grande majorité des élevages félins ont été
confrontés au moins une fois à cette maladie. Selon quelques études, près d'un
chat sur trois présenté en exposition féline est porteur de spores.
Les éléments infectants sont des spores produites en grande quantité à la
surface des poils infectés. Ces spores sont très résistantes dans le milieu
extérieur où elles restent, le plus souvent, à l’état quiescent plusieurs mois
voire plusieurs années.
La contamination d’un chat indemne se fait par contact direct avec un chat
infecté ou par contact indirect via le matériel de toilettage (brosses, peignes,
…..) ou les lieux de couchage.
Un élevage indemne peut se contaminer au cours d’une exposition (par contact
direct avec un chat infecté asymptomatique ou via du matériel comme les cages
d’exposition). L’introduction d’un animal infecté asymptomatique représente
certainement la voie de contamination principale.
A QUOI RESSEMBLE LA TEIGNE ?
Pour répondre à cette question, nous reprendrons un adage des vétérinaires
dermatologues : « tout est teigne, rien n’est teigne ».
En effet, le polymorphisme de cette dermatose est tel que la teigne est à
inclure dans les hypothèses de la quasi-totalité des dermatoses félines.
Le polymorphisme est tel que certains chats présentent des lésions sévères
(dépilation, croûtes, squames…) alors que d’autres resteront totalement
asymptomatiques. Ces infectés asymptomatiques jouent le rôle de « perpétuels
contaminants » de la chatterie.
En cas d’infection d’un élevage, seuls quelques individus vont présenter des
signes cliniques évocateurs de teigne. Toutefois, dans la quasi-totalité des
cas, tous les individus seront porteurs de spores et devront être considérés
comme atteints.

LE DIAGNOSTIC DE LA
TEIGNE
Les seuls signes cliniques ne permettent pas d’affirmer avec certitude qu’il
‘agit d’une teigne. Certains examens vont aider le vétérinaire à confirmer cette
hypothèse.
L’examen à la lampe de WOOD
Cet examen consiste à regarder le pelage de l’animal sous une lumière spéciale
(longueur d’onde comprise entre 330 et 365 nm). Les poils infectés par
microsporum canis apparaissent alors de couleur « vert-pomme » caractéristique.
En pratique, cet examen n’est pas toujours suffisant. Par exemple, certains
poils n’apparaissent pas verts alors qu’ils sont réellement infectés.
L’examen microscopique du poil
Ce test appelé trichogramme permet d’observer les spores qui forment un manchon
autour du poil. Pour rendre cet examen plus sensible, le vétérinaire pourra
sélectionner les poils à observer après avoir réalisé un examen à la lampe de
WOOD.
La culture fongique
La culture fongique est le diagnostic de choix de la teigne. Il consiste à
frotter du matériel stérile (carré de moquette, brosse à dent…) sur l’ensemble
du corps du chat. Il suffit ensuite d’apposer cet élément sur un milieu de
culture fongique pour évaluer la contamination de l’individu.
Cet examen peut également être réalisé pour évaluer la contamination de
l’environnement. Il consiste alors à apposer des boites de contact directement
sur les lieux de couchage et sur les murs de la chatterie.
STRATEGIES DE LUTTE CONTRE LA TEIGNE
Il faut être conscient que l’on ne se débarrasse pas de la teigne en élevage
d’un coup de baguette magique, mais que cela est une affaire de plusieurs mois
voire années.
La lutte contre la teigne se divise en plusieurs étapes incontournables.
Luttes contre les parasitoses
Les chats doivent être à jour dans leur traitement antiparasitaire externe
(puces, cheyletielles…). Ces parasites provoquent des micros-lésions favorisant
la contamination, et peuvent jouer le rôle de vecteurs passifs du champignon.
Limiter la présence d’individus sensibles
Même si peu d’études ont réellement prouvé ce phénomène, il est clair que les
chatons, les chattes gestantes et allaitantes sont de réels « nids à spores » au
sein d’une collectivité. Un protocole d’éradication du champignon commence donc
par un arrêt du programme de reproduction ou par une isolation stricte de ces
individus sensibles.
Traitement des chats
Il faut considérer que tous les chats de l’effectif sont contaminés. Le
vétérinaire peut, s’il le désire, identifier le statut précis de chaque chat en
réalisant certains examens cités précédemment. Par expérience, lorsqu’un chat
présente des lésions de teigne au sein d’un effectif, tous les chats doivent
être traités.

Le traitement des chats se divise en un traitement
topique et un traitement systémique. Le traitement topique, local, consiste à
baigner les chats dans une solution antifongique une à deux fois par semaine.
Cette pratique est une des clés de la réussite thérapeutique.
Le choix du produit antifongique systémique doit se faire après avoir étudié
judicieusement le profil des animaux à traiter (race, âge, statut
physiologique…)
La tonte, pour ou contre ?
La tonte des animaux est préférable pour gérer la maladie en collectivité.
Toutefois, cette tonte doit être réalisée dans une pièce isolée facilement
désinfectable pour éviter de surcontaminer l’environnement. De plus, elle devra
se faire de manière précautionneuse pour éviter tout microtraumatisme qui
faciliterait alors une extension des lésions.
Traitement de l’environnement
Le traitement de l’environnement est obligatoire dans le protocole de lutte
contre la teigne en chatterie. Il consiste d’abord à se débarrasser de tout le
matériel inerte « indesinfectable » contaminé (moquette…). Il débute par un
traitement local par application de solution antifongique (énilconazole, eau de
javel diluée à 0,5 % …) après avoir nettoyé les lieux de couchage. Des fumigènes
peuvent également être utilisés pour lutter de façon plus drastique dans
l’environnement.
Cette étape est souvent le « maillon faible » du protocole de lutte (les
chatteries sont le plus souvent de type familial et difficilement assainissables
Notez toutefois qu'en Belgique il existe et est reconnu le vaccin contre la teigne contacter notre webmaster pour plus de détail